Prévoyance des kinés et libéraux en 2026 : pourquoi la CARPIMKO ne suffit pas

90 jours sans aucun revenu avant la première indemnité. C'est la réalité de la CARPIMKO pour un kinésithérapeute libéral en arrêt de travail. Voici ce que le régime obligatoire couvre réellement, ce qu'il ne couvre pas, et comment une prévoyance adaptée change la donne.

Que verse la CARPIMKO en cas d'arrêt de travail ?

Le régime invalidité-décès de la CARPIMKO prévoit une indemnité journalière forfaitaire d'environ 56 € par jour en 2026, après un délai de carence de 90 jours. Autrement dit : si vous gagnez 5 000 € net par mois et que vous êtes arrêté, vous ne touchez rien pendant 3 mois, puis environ 1 680 €/mois, soit 34 % de votre revenu habituel. Et vos charges fixes (loyer du cabinet, cotisations sociales, remplaçant) continuent de courir.

Combien coûte réellement un arrêt de 6 mois ?

Sur un arrêt de 6 mois avec 5 000 € de revenus mensuels et 1 500 € de charges fixes, le calcul est rapide : 30 000 € de revenus perdus, 5 040 € d'indemnités CARPIMKO (seulement sur les 3 derniers mois), 9 000 € de charges maintenues. Impact total : environ 34 000 €. C'est l'équivalent de 7 mois de revenus nets perdus en 6 mois d'arrêt.

Les pièges que peu de libéraux connaissent ?

Au-delà du montant, plusieurs exclusions méritent attention. Les affections dorsales (lombalgies, hernies discales) et les troubles psychiques (burn-out, dépression) sont les deux premières causes d'arrêt de travail des professions libérales, mais de nombreux contrats de prévoyance les excluent ou les couvrent uniquement en cas d'hospitalisation. Vérifier ce point dans les conditions générales de votre contrat actuel est indispensable : un contrat qui exclut le dos et le psy couvre à peine la moitié des risques réels.

Autre point : le mode d'indemnisation. Certains contrats versent une indemnité forfaitaire (un montant fixe par jour), d'autres une indemnité indemnitaire (proportionnelle à la perte de revenus réelle). Le premier est plus simple, le second peut être plus protecteur si vos revenus augmentent.

Que peut changer une prévoyance complémentaire ?

Un contrat de prévoyance bien choisi peut réduire la franchise à 15 ou 30 jours (au lieu de 90), porter l'indemnisation à 70-100 % de votre revenu net, couvrir les affections dorsales et psychiques sans condition d'hospitalisation, et inclure la grossesse pathologique. Sur le même arrêt de 6 mois, l'impact passe de 34 000 € à quelques milliers d'euros de reste à charge. Les cotisations sont déductibles au titre de la loi Madelin pour les TNS.

Vous voulez savoir ce que ces leviers donnent avec vos propres chiffres ?

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